« L’Europe, c’est bon comme le miel.»
Paul Alain, 22 ans, Camerounais,
Agadez - Août 2009.

« Tu ne peux pas prendre le problème des africains sinon tu meurs. L’immigration, c’est une maladie. »
Lamin, 45 ans, Gambien et clandestin,
Castel Volturno - Avril 2010.

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Productions : lille3000 - Les Champs Libres, Rennes - Festival d’Avignon - Conseil général du Nord - Conseil régional Nord-Pas de Calais

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1957, Baré Bouyagui - immigré sénégalais, débarque dans le port de Marseille. 1960, Fanny Bouyagui nait à Roubaix. 50 ans plus tard, c’est cette histoire, celle de son père, qui pousse Fanny Bouyagui à s’interroger sur le sort des milliers d’Africains prêts à tout pour rejoindre l’Europe.

Une Europe des années 2000 barricadée dans ses frontières forteresses. Elle part donc au Niger, à Agadez point de départ de toutes les migrations africaines. Qui sont-ils ces milliers de migrants ? Ils viennent du Ghana, du Togo, du Nigéria, du Burkina Fasso, du Sénégal. Pour eux, le voyage se poursuit en camion à travers le désert vers la Libye, puis en bateau vers les côtes italiennes. À Agadez, elle rencontre les candidats au départ, réalise des entretiens, des vidéos et photos. Ce travail d’investigation se poursuit jusqu’en Italie du Sud, à Castel Volturno plus exactement, à la recherche pourtant vaine des migrants rencontrés au Niger un an plus tôt. Castel Volturno, une petite ville balnéaire et mafieuse au nord de Naples. Une étape dans le parcours migratoire et une zone de non droit.

Chaque matin dans cette cité poubelle, pollution, prostitution, villas éventrées et décharnées, des milliers de clandestins en situation de transit « durable » partent en bus à la recherche d’un job : du ménage au sexe en passant par les champs de tomates et la mozzarella. Une vision d’apartheid dans un far west à l’italienne. « Soyez les bienvenus » est une comparaison entre deux époques.

Un « projet documentaire précis et empathique, dont la puissance est décuplée par un travail plastique monumental, qui transforme la visite de l’exposition elle-même en traversée. »